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Mobilisation nationale

Samedi 3 Octobre 2015, dans les nouvelles régions : Journée nationale d’alerte sur la fin de vie et de mobilisation pour les soins palliatifs.

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27 Nov 2014

Discours de lancement

Chers amis, si nous sommes rassemblés ici symboliquement, comme dans 60 autres villes en France, c’est pour une cause qui nous est commune.

Nous voyons avec une grande inquiétude se développer en France la revendication de l’euthanasie, sous toutes ses formes, et du suicide qu’on dit médicalement assisté.

Soignants, usagers de la santé, concernés par les accidents, la maladie, la dépendance ou le grand âge, nous sommes convaincus  que le respect de nos concitoyens les plus vulnérables est la condition première d’une société humaine digne de ce nom.

Nous avons décidé de construire ensemble, avec Soulager mais pas tuer, un mouvement unitaire d’explication, de résistance et de mobilisation.

Explication, parce qu’on a trop fait croire aux français qu’il leur faudrait choisir entre souffrir et mourir.

Résistance, parce que la pression pour l’euthanasie est en train de se banaliser, au risque de conduire à l’auto-exclusion des plus vulnérables.

Mobilisation, parce qu’il y a heureusement de nombreuses personnes, de nombreux métiers, de nombreux témoins qui souhaitent s’unir pour protéger notre société de la solution de facilité que constitue l’euthanasie.

Mais alors que voulons-nous ? Simplement que toute personne continue d’être soignée, soulagée, entourée et aimée jusqu’au terme naturel de sa vie.

Tel est le sens de notre logo : la main sur le cœur, le cœur sur la main, le cœur en signe de vie, la main en signe de protection. Il manifeste notre désir que les bien-portants soient solidaires des personnes devenues vulnérables. Les silhouettes blanches de ces personnes, incapables de se tenir debout par elles-mêmes, symbolisent leur fragilité. C’est une chaîne de solidarité sociale qui seule peut contrer la culture de l’euthanasie.

C’est possible grâce notamment au développement des soins palliatifs, mais pas seulement.

Oui les soins palliatifs doivent être protégés de la dérive euthanasique. C’est pour nous un non-sens, une absurdité, un scandale même, que d’affirmer, comme nous l’avons entendu, que l’euthanasie serait « l’ultime soin palliatif ». Au contraire, la culture de l’euthanasie vient contredire celle de l’accompagnement. Euthanasie et soins palliatifs sont incompatibles. Là où l’euthanasie est légalisée, les soins palliatifs deviennent dévalorisés, négligés, voire dangereux.

Mais nous ne pouvons pas seulement compter sur des soignants efficaces et humains pour régler les questions de l’accompagnement de la dépendance et de la fin de la vie, et celle de la mort elle-même. Elles concernent aussi toute la société. La société ne peut pas se décharger sur les soignants de la responsabilité d’écouter, de consoler, d’accompagner jusqu’au bout ceux qui vont partir.

Dire « non à l’euthanasie », c’est d’abord dire « oui à la vie » pleine et entière des personnes fragilisées par une grave maladie ou la dépendance.

Ne nous y trompons pas : les pays – heureusement rares – qui ont cru bon de légaliser l’euthanasie, ont basculé sur une pente glissante et connaissent des dérives croissantes. On commence par euthanasier des personnes majeures, dont on dit qu’elles nous l’ont demandé, et sans être en mesure de pouvoir vérifier si tout est fait pour les soulager. Puis on continue en euthanasiant des personnes qui ne sont pas en fin de vie, qui ont simplement des graves souffrances psychiques. Puis on élargit le dispositif aux enfants, aux personnes ayant des démences séniles… jusqu’à finalement ouvrir la porte au « devoir d’euthanasier » ceux qui gênent ou au « suicide assisté pour tous » (par exemple, une association néerlandaise en réclame le droit pour toute personne de plus de 70 ans se disant « fatiguée de vivre »).

 

Soulager mais pas tuer prépare le grand mouvement de mobilisation contre l’euthanasie sous toutes ses formes et le suicide assisté en France. Nous demandons aux Français engagés dans l’accompagnement des personnes en fin de vie, concernés par le handicap ou la grande vieillesse, de nous rejoindre. Nous entrons dans un grand travail d’explication, que notre présence dans plus de 60 villes à l’instant même inaugure. Bien sûr, si le gouvernement ouvre la porte à l’euthanasie, en brisant le consensus actée par l’actuelle loi fin de vie, Soulager mais pas tuer lancera les grandes mobilisations de rue qui seront rendues nécessaires.

Et soulignons que nous serons particulièrement vigilants face aux tentatives de faire entrer l’euthanasie masquée, celle qui ne dit pas son nom. « Toute action ou toute omission qui a pour but de provoquer intentionnellement la mort », telle est la définition de l’euthanasie. Si la pratique de la sédation en phase terminale peut se révéler nécessaire et légitime, nous contestons toute pratique de sédation ayant pour objectif de provoquer la mort, notamment quand cette sédation est accompagnée d’un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, quand ce procédé est destiné à arrêter la vie.

 

Soulager mais pas tuer se veut solidaire des personnes les plus dépendantes, celles qui sont sans voix, et de leurs proches et soignants qui se dévouent auprès d’elles. Notre société ne peut pas accepter qu’on mette fin délibérément à leur vie, que ce soit en invoquant des mobiles compassionnels, pour commencer, ou ensuite, inéluctablement, pour des raisons économiques.

Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas laisser les personnes fragiles se faire exclure par des lois qu’on dira « compassionnelles », alors qu’elles feraient basculer notre pays vers l’exclusion des plus vulnérables.

Plutôt que d’engager la France dans la culture de l’euthanasie, nous demandons solennellement au président de la République de mettre en œuvre le grand plan de développement des soins palliatifs qu’il a promis dès son élection.

Je vous remercie.


commentaires

  1. Enfin un grand mouvement de résistance et de contestation de cette culture de mort qui se fait passer pour du progrés.
    La falsification des expressions et des mots utilisés par les propagandistes de ce courant me fait penser au langage utilisé par les nazis pour dissimuler le génocide des juifs. On y arrive!

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