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Samedi 3 Octobre 2015, dans les nouvelles régions : Journée nationale d’alerte sur la fin de vie et de mobilisation pour les soins palliatifs.

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[Communiqué de presse] Réaction aux conclusions du rapport Claeys-Leonetti
12 Déc 2014

[Communiqué de presse] Réaction aux conclusions du rapport Claeys-Leonetti

« Soulager mais pas tuer » réagit aux conclusions du rapport Claeys-Leonetti remis au Président de la République et s’inquiète du contournement des mots ‘’euthanasie’’ et ‘’suicide assisté’’ sous l’expression « sédation profonde et continue jusqu’au décès », évoquée comme un nouveau droit et une obligation pour certains cas spécifiques (p.20 à 23 du Rapport). Ceci confirme la menace d’une euthanasie déguisée.

La sédation en phase terminale, prenant le risque d’accélérer exceptionnellement la survenue du décès, peut être légitime. En revanche, une sédation qui a pour intention et résultat de provoquer rapidement la mort est une euthanasie. Jouer avec ces mots, c’est introduire une grave confusion qui risque d’insécuriser les patients qui douteront de l’intention réelle de ceux qui les soignent.

Quant aux directives anticipées, les rendre ‘’contraignantes’’ n’est acceptable que si l’on privilégie toujours le dialogue entre soignants et soignés.

La focalisation du débat sur ces questions présente un risque majeur : celui de favoriser de façon systématique et déshumanisée l’application de protocoles de fin de vie anesthésiques répondant à l’angoisse, non plus par une écoute et par un accompagnement, mais par un endormissement anticipé coupant toute conscience et toute relation.

« Soulager mais pas tuer » note positivement l’annonce de François Hollande de développer les soins palliatifs avec la mise en place d’un plan triennal, une priorité attendue depuis 2012 par tous les Français. L’abstention du gouvernement sur ce sujet n’a que trop duré : il faut passer aux actes.

En conclusion, « Soulager mais pas tuer » entend suivre de près le calendrier parlementaire. Et s’il se confirme que l’interdit de tuer est remis en cause, le mouvement appellera les Français à descendre dans la rue pour réclamer une vraie protection des personnes les plus vulnérables contre la douleur physique et la souffrance morale, et pour l’accompagnement du patient et de ses proches.

« Il faut aider à vivre, pas à mourir. Le respect de la dignité de chacun passe par le respect de son droit à l’imperfection ». Philippe Pozzo di Borgo, parrain de Soulager mais pas tuer.


commentaires

  1. RAVETON Pierrette affirme: décembre 13, 2014 at 1:40

    Je suis stupéfaite de constater l’ampleur de l’hypocrisie actuelle qui consiste, au sein des hôpitaux publics, par des équipes préparées pour cela, à éliminer les personnes âgées en les faisant mourir délibérément, sans leur demander leur avis, par des méthodes barbares. Il a fallu que j’en fasse l’expérience avec ma maman en 2010, pour prendre conscience du problème, et depuis, je ne cesse d’entendre parler du même scandale autour de moi, tant pour les familles, que pour des personnels de ces établissements qui préfèrent finalement démissionner de leurs fonctions pour ne pas s’associer à des actes contraires à leur religion qui leur demande de protéger la vie et non de la détruire.

    Maman est finalement morte parce que le personnel de sa maison de retraite était las de la voir depuis 5 ans ! Elle ne souffrait pas, elle avait toute sa tête, son seul problème était d’avoir la colonne vertébrale brisée qui l’empêchait de se tenir debout !

    L’aménagement des textes de loi dont il est question aujourd’hui, s’avère n’être finalement qu’un cadre juridique protégeant les personnels qui effectuent DEJA l’euthanasie, pour ne pas dire autre chose, sans protéger pour autant les personnes âgées qui ne demandent pas à mourir.

  2. Barbé Maria affirme: décembre 14, 2014 at 2:55

    Comme d’habitude quand il s’agit d’une « loi sociétale », il faut que certains groupes, conservateurs s’arrogent le droit de contrer toute évolution ! Vous allez nous refaire le même cirque que pour le Mariage pour Tous.
    Vous ne voulez pas d’euthanasie : libre à vous ! Mais arrêtez de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. La mort des AUTRES ne vous appartient pas ! Mêlez-vous de la vôtre et n’emm…. pas les autres. Quelle arrogance !!!!! C’est bien beau de demander ses soins palliatifs : vous savez très bien que nous sommes dans ce domaine très en retard en France !
    Laissez les autres vivre comme ils l’entendent. Ce n’est pas parce qu’une loi existe que vous DEVEZ l’utiliser.
    Il en va ainsi de la loi sur l’IVG, le PACS, le Mariage pour tous et maintenant la fin de vie. Ces lois qui existent vous pouvez ne pas les utiliser mais de quel droit vous arrogez vous le pouvoir de les interdire aux autres ???? Vous n’êtes ni Dieu le Père (et quand bien même!!!)ni même le Fils qui était certainement autrement plus charitable que vous qui n’êtes pas gênés de voir les gens souffrir dans une lente agonie douloureuse pour celui qui part et ceux qui l’entourent. Cela dit si vous voulez connaître l’agonie, la mort de soif et de faim, libre à vous MAIS foutez-nous la PAIX! Et à la veille de Noël ce serait bienvenu. Joyeux Noël !!!!Maria Barbé

    • Philippe Baloche affirme: janvier 20, 2015 at 7:21

      Madame,
      merci pour votre contribution, qui permet le débat et le dialogue.
      Tout d’abord, une opposition de principe à votre commentaire : dans une démocratie, c’est le silence qui est néfaste, et non pas l’opposition d’idées. Ne pas dire ce que l’on pense, c’est laisser des opinions éventuellement minoritaires s’imposer à tous, ou laisser croire à un consensus de société là où en réalité des divergences existent. Ainsi, au risque de paraître arrogants, nous continuons à dire ce que nous pensons.
      Ensuite, sur les questions de société dont il est question, les sphères publique et privée sont de mon point de vue beaucoup plus imbriquées que vous ne semblez le penser. Nous constituons la même nation, nous partageons le même espace public, les mêmes institutions publiques. Deux conséquences à cela :
      d’une part, sur le plan pratique, ce que la majorité pense sur la fin de vie impacte nécessairement la manière dont est traité l’ensemble des personnes en fin de vie, car il est difficile, en pratique, de s’opposer à la pratique courante (voir d’autres contributions sur cette page Internet). C’est donc le devoir de chaque citoyen de veiller à ce que la société s’engage dans des voies de progrès et non de régression, et d’agir pour cela à son niveau.
      D’autre part, sur le plan théorique, je ne vois pas comment notre société peut demeurer cohérente si notre conception de la dignité humaine diverge fondamentalement. Si un homme viole sa femme, si des parents battent leurs enfants, si des personnes sont tuées sans l’avoir voulu, cela touche à la dignité de la personne et ne peut pas rester une affaire privée : c’est l’affaire de la nation entière, c’est donc mon affaire comme la vôtre.
      Voilà, me semble-t-il, pourquoi chaque personne ou groupe de personne est légitime dans l’expression de ses opinions, dans le respect évidemment des autres personnes.

  3. chauffour ader claire affirme: décembre 14, 2014 at 9:46

    Bonjour,
    je suis médecin en soins palliatifs et chef de service de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Joseph Ducuing à Toulouse.
    J’apprécie le ton de votre argumentaire.
    Je suis prête à rejoindre votre association dans le souci de contribuer à la réflexion sur les conditions de vie lorsqu’elle s’achève ou lorsqu’elle n’est pas conforme à la norme productive. ..
    Bien cordialement,

  4. Auguste C. affirme: janvier 17, 2015 at 10:41

    Quand on endort quelqu’un avec l’intention de ne pas le réveiller et en le privant d’hydratation, on le tue volontairement. C’est une euthanasie à peine différée par un court temps de sommeil.

    La sédation profonde et continue jusqu’au décès est un meurtre.

    C’est un meurtre prémédité : un assassinat.

    Le rapport Claeys-Leonetti « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » propose de mettre fin à l’interdit du meurtre en France.

  5. RAVETON Pierrette affirme: février 21, 2015 at 5:03

    Les réactions lues et entendues sur le sujet m’incitent à compléter mon premier message.

    L’important est de savoir que la 1ère loi Leonetti a permis d’appliquer une euthanasie déguisée, à des personnes dont l’état de santé ne le nécessitait pas et qui ne la demandaient pas. Au départ, elle se voulait aider les grands malades, quelque soit leur âge, pour lesquels aucune amélioration ne pouvait être espérée. Mais en fait, glissements après glissements successifs, elle s’est surtout appliquée aux personnes âgées, déficients oui, mais pas forcément malades, et quasiment généralisée dans les services de gériatrie des hôpitaux publics. A tel point qu’il devint nécessaire de préciser la loi afin de protéger, non pas les personnes âgées, mais les professionnels impliqués dans de telles entreprises. Tout le danger, et la 1ère loi en est la meilleure preuve, est que la moindre permission dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres, ouvre toujours la porte à des débordements dont plus personne n’a le contrôle.

    Il faut vraiment avoir vécu l’expérience de très près pour en parler. Comment cela se passe-t-il ?

    Après plusieurs années en maison de retraite, au-delà de 90 ans d’âge et même avant, il est normal que se produisent des aléas de santé plus ou moins graves et l’on n’a pas de mal à dénombrer un certain nombre de déficiences. Mais jusqu’à quel degré ? Il suffit donc, à l’occasion d’un encombrement de ces établissements, ou d’un manque de personnel, d’envoyer la ou une personne âgée au service de gériatrie de l’hôpital le plus proche. Quand la famille est présente au quotidien, la maison de retraite ne peut prendre une telle décision sans lui demander son accord. En revanche, quand la famille est lointaine et rare, l’établissement prend seul la décision d’hospitaliser son pensionnaire, et l’on n’a pas de mal à imaginer que la personne âgée la plus à charge du fait de son degré d’impotence ou autre, sera choisie. Dans le cas qui me concerne directement, il n’y avait pas d’ambiguïté sur le but final de cette hospitalisation : contrairement à une hospitalisation médicale justifiée où la personne a pu au moins emporter quelques affaires personnelles comme une robe de chambre ou un gilet, des chaussons…, ce dernier voyage de ma mère s’est fait sans aucun bagage, sans aucune affaire, il s’agissait donc bien d’un voyage sans retour, parfaitement programmé et organisé de manière intentionnelle et habituelle.

    Parvenu au service de gériatrie, la surprise est totale. D’une pièce surchauffée en maison de retraite, le patient est plongé dans une chambre froide. On lui retire tout équipement extérieur comme lunettes, dentier. Ensuite, on procède à un lavement des intestins pour réduire les salissures et le nettoyage lors de l’ouverture des sphincters au moment du décès. A partir de ce moment précis, c’est l’arrêt de toute alimentation qui se réduira en une gelée chocolatée, sans fibre bien sûre, sans nutriment, servant seulement de ballast pour éviter la sensation de faim. On vous exposera le corps nu recouvert seulement d’une feuille en papier, pieds nus, assis sur une chaise au pied de votre lit, vous interdisant d’attirer sur vous le moindre tissu (aucune couverture sur le lit), pendant des heures dans un courant d’air établi volontairement entre l’ouverture de fenêtres opposées.

    J’ai vu cela sur ma mère à 95 ans. Elle n’était pas malade mais seulement handicapée par sa colonne vertébrale coupée en deux par l’ostéoporose. Son cerveau était intact. Elle n’a jamais beaucoup parlé de sa vie et ne l’a pas fait non plus à ce moment-là, mais elle est toujours restée parfaitement lucide et a eu la parfaite conscience que l’hôpital procédait à son élimination. Toute étonnée elle me dit « mais ils veulent ma mort ? » alors qu’elle venait y chercher un peu plus de santé !

    J’aurais dû à ce moment-là signer la pancarte et la sortir de l’hôpital, malheureusement j’habitais à 150 km de là et n’avais pas les moyens de l’emmener et de l’héberger chez moi. Toutes mes interventions auprès du secrétariat de l’hôpital et du chef de service se sont heurtées à une machine bien huilée que j’allais découvrir. Je réussis seulement à abréger son temps de souffrance sur la chaise en train de geler (quand même 3 heures !) Je reviendrais huit jours plus tard pour constater le résultat des mauvais traitements. Elle mettra 18 jours à mourir dans je ne sais quelles conditions, morte assurément de faim au moins, mais à ce degré d’intentions contraires à la vie, on est fondé à s’interroger sur l’emploi éventuel d’autres techniques moins avouables. Après son décès, des gens connaissant ce processus d’élimination me confiaient avoir franchement refusé l’hospitalisation de leurs aïeux pour cette même raison. Ce n’était donc pas un cas unique ni récent !

    Devenue sensibilisée par ce problème, vint à mes oreilles, le dilemme de certain personnel médical fervent pratiquant catholique, dans un département tout à fait autre, qui ont préféré démissionner de leurs fonctions pour ne pas collaborer à ces actes contraires à leur foi. C’est dire combien ces pratiques se sont généralisées.

    Alors, si certaines personnes préfèrent l’euthanasie pour elles-mêmes et leurs parents, qu’elles le fassent savoir haut et fort si elles le veulent, il se trouvera toujours quelqu’un pour leur prêter main forte comme cela s’est sans doute fait jusqu’à une époque pas si lointaine et sans en parler, mais promulguer des lois qui permettent de légaliser ce genre de pratiques sur des gens qui n’ont jamais demandé à mourir et qui n’en ont pas l’envie, qui n’ont aucune souffrance à soulager sinon le poids des ans, c’est tout simplement l’horreur dont notre société actuelle se rend coupable.

    En ce qui me concerne, je le déclare nettement, j’ai 72 ans et, constatant trop souvent le regard négatif que l’âge inspire aujourd’hui aux jeunes générations en place dans toutes les sphères de la société et qui contribuent à l’apparition de telles mesures en toute bonne conscience, je crains dorénavant l’hôpital et je refuse catégoriquement d’entrer dans un quelconque de ses services de gériatrie. Je préfère mourir de mon mal chez moi que subir le barbarisme de la soi-disant médecine actuelle. Aussi je porte désormais sur moi l’indication de ce souhait et j’invite tous ceux qui partagent mon point de vue à en faire de même.

    Pierrette RAVETON

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