[Communiqué de presse] Vote en Commission de la loi Fin de vie : réaction de « Soulager mais pas tuer »

18 Fév, 2015Communiqué de presse

« Soulager mais pas tuer » réagit à l’examen par la commission des Affaires sociales de la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la Fin de vie.

Comme nous l’avons souligné, son texte, dangereux par son ambiguïté, vient déséquilibrer une loi précieuse qui avait été votée à l’unanimité en 2005 et qui devrait être mieux enseignée, mieux connue et mieux appliquée.

Nous contestons 3 dispositions de cette proposition de loi :

  • L’instauration d’un prétendu droit à « la sédation profonde et continue jusqu’au décès » dans des conditions que le texte voté en commission exprime de façon particulièrement flou, au point que, dans nombre de cas, il ouvre la porte à des euthanasies déguisées, tout en privant les soignants de leur objection de conscience. Comme l’ont souligné de nombreux médecins, les notions de « court terme, de maintien artificiel de la vie » et de « prolongation inutile » de cette dernière sont sujettes à de multiples interprétations qui sortent du domaine de la médecine.
  • La transformation des directives anticipées en directives contraignantes qui inverse la relation soignants-soignés en laissant entendre que le médecin devrait devenir l’exécuteur de prescriptions exprimées dans un document qui pourrait être très ancien, et donc inadapté à la situation réelle. Outre qu’elle méconnait les exigences de la mission soignante qui est de prendre soin de la santé d’un patient grâce à des compétences techniques qui relèvent de la compétence médicale, cette évolution tend à déresponsabiliser les praticiens tout en attribuant une valeur quasi absolue à la parole de patients qui n’ont ni leur expertise, ni leur recul.
  • Enfin l’affirmation selon laquelle l’alimentation et l’hydratation artificielles sont exclusivement des traitements ouvre la porte à certains arrêts d’alimentation ou d’hydratation, non plus dictés par le bien-être du patient, mais par l’intention de provoquer sa mort, notamment quand a été pratiquée à cette fin une sédation terminale.

Même si le texte voté en commission prend soin de ne pas valider l’euthanasie, « Soulager mais pas tuer » tient à souligner la menace qu’il contient et appelle les députés à préciser explicitement que cette loi récuse toute administration délibérée de la mort quel qu’en soit le moyen.

Le mouvement se tient prêt à mobiliser largement si la menace euthanasique se précisait ou s’amplifiait.

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L'appel

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L’engrenage de l’euthanasie

L’euthanasie des personnes en fin de vie n’est qu’un début…

2 Commentaires

  1. GOLDACH Alice

    Le président du Conseil de l’Ordre des médecins, Dr Patrick BOUET déclare à l’AFP (Agence France Presse) être opposé à un geste qui aurait pour intention de donner la mort, donc opposé à l’euthanasie ( http://www.la-croix.com/Actualite/France/Patrick-Bouet-La-sedation-terminale-n-est-pas-une-euthanasie-deguisee-2015-01-21-1270816 ) . Pourtant, il dit être d’accord avec la proposition Claeys-Léonetti : donc le Dr Patrick BOUET dit une chose et son contraire, et il n’est pas le seul à jouer à ce jeu-là, la plupart des députés y jouent aussi. A ce stade, on doit convenir que nos députés ne peuvent plus nous représenter, ils ne représentent qu’eux-mêmes et leurs intérêts personnels (le lobby médical) mais pas les intérêts, ni la protection du peuple. Car, en réalité, la proposition Claeys-Léonetti de 2015 propose une EUTHANASIE qui ne dit pas son nom = par le fait de supprimer tout acte de prévention, d’investigation, de soin, de traitement, et faire une sédation terminale ( = anesthésie générale) en privant le patient de nutrition et d’hydratation artificielle pendant l’anesthésie, sachant que quand on dort on ne peut pas manger et boire de façon naturelle par voie orale non plus, puisqu’on dort. Je précise que dans la nomenclature médicale, la nourriture et la boisson d’eau naturelles par voie orale, sont des SOINS. Et que la nourriture et l’hydratation artificielles sont déclarés être des TRAITEMENTS (et non des SOINS). Mais que ce soient des SOINS ou des TRAITEMENTS ne change rien à l’affaire, puisque la proposition de loi CLAEYS-LEONETTI préconise d’arrêter tous les soins et tous les traitements, donc que la nourriture et l’hydratation soit un SOIN ou un TRAITEMENT, c’est pareil : nutrition et hydratation naturelle ou artificielle seront arrêtés si la proposition CLAEYS-LEONETTI est votée.

    Donc, la proposition de loi Claeys-Léonetti préconise un geste qui a pour but de donner la mort, c’est bien une EUTHANASIE, et il y a intention de tuer, puisqu’on donne la mort au patient en le privant de tout jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui est prévu d’avance par le médecin qui va y procéder. Car, quand on est privé de tout, on meure forcément, que ce soit avec ou sans sédation ( la sédation étant une anesthésie générale) : les médecins vont donner la mort aux patients par des privations de tout (= euthanasie par omission), ce n’est donc pas une mort provoquée par la maladie. Même si on était privé uniquement d’eau à boire et d’hydratation artificielle, ça suffit pour mourir en 2 ou 3 jours de déshydratation totale, comme les petits vieux pendant la canicule de 2003, les égarés du désert. Il s’agit donc d’un meurtre, d’une euthanasie.

    Monsieur Jean Léonetti, déclare lui dans le Journal le POINT ( http://www.lepoint.fr/politique/fin-de-vie-proposition-de-loi-ps-ump-adoptee-sans-changement-majeur-en-commission-18-02-2015-1905964_20.php ) que la consultation citoyenne demandée par Claude Bartolone, arrive « « Trop tard », pas dans de bonnes conditions et reflétant le point de vue de militants, a cependant déploré Jean Leonetti.»…

    Ça veut dire que ces Léonetti, Claeys, et les autres députés, n’utiliseront pas nos commentaires déposés sur le site de l’Assemblée Nationale, pour faire évoluer la proposition de loi : ça veut dire que Léonetti et Claeys se moquent de nous, et Léonetti ne cache d’ailleurs pas son mépris à l’égard des internautes, quand on voit comment il nous qualifie, alors que nous étions des personnes privées indépendantes, ou des membres d’association, écrivant sous des pseudo.

    Je ne suis pas d’accord avec Léonetti qui dit que nos avis arrivent trop tard : dans ce cas, exigeons que le vote à l’Assemblée Nationale soient repoussé de 2 ans, et qu’en attendant, soient développés partout en FRANCE des soins palliatifs, prévus par la loi Léonetti de 2005, mais jamais mis en place, et qui ne le seront pas d’avantage avec la proposition Claeys-léonetti si elle est votée. ça laissera aussi du temps aux Français pour réfléchir à ces questions.

    Enfin, « last but not least », le fond du problème, c’est que la proposition Claeys-Léonetti ne nous donne aucun DROIT, contrairement à son slogan : en réalité, elle prive les patients de DROITS, car elle ne respecte pas le serment d’Hypocrate, ni l’obligation de moyens du médecin, ni l’obligation de mettre le patient en sécurité (ne pas le mettre en danger de mort). Ainsi n’importe quel médecin pourra priver chacun d’entre nous, légalement, d’actes de prévention, investigation, soin, traitement, uniquement en prétendant que c’est inutile, disproportionné, maintien artificiel de vie, ou encore le « mot magique » dans le piège duquel tous les citoyens tombent les yeux fermés: l’obstination déraisonnable… et ce, sans que le médecin ne prouve rien, uniquement en prononçant les mots magiques par oral. C’est en privant des personnes vulnérables (patients âgés, dépendants, handicapés) d’actes de prévention, investigations, soins, traitements, qu’on provoque le déclin des personnes pas soignées, et qu’on les pousse par ces actes euthanasiques successifs vers la mort. C’est ce qui se passe dans les hôpitaux en France : mais avec la proposition Claeys-Léonetti la maltraitance dans les hôpitaux va être légalisée et va passer à la vitesse grand V.

    Pour terminer, CETTE PROPOSITION DE LOI CLAEYS-LÉONETTI, malgré son discours marketing de compassion vers les patients qui souffrent et dont on va abréger la souffrance en les privant de tout et en les anesthésiant… A EN RÉALITÉ UN SEUL OBJECTIF : DIMINUER LES DÉPENSES DE SANTÉ… C’est une « LOI ÉCONOMIQUE » et rien d’autre. En donnant l’impunité pénale aux médecins pour priver tout patient d’actes de prévention, investigation, soins, traitements, uniquement en employant des « mots magiques » (inutile, disproportionné, maintien artificiel de vie, obstination déraisonnable…), par oral, jamais par écrit, sans que la loi lui demande de prouver par A+ B au patient pourquoi il le prive, … alors on ouvre la boîte de Pandore, car ce sont des pratiques euthanasiques qui ne pourront que détraquer l’organisme de toute personne âgée dont les médecins voudront se débarrasser au lieu de la soigner même si elle est guérissable. Ça se pratique déjà, illégalement depuis la loi Léonetti de 2005, … mais avec la proposition Claeys- Léonetti, ça se fera de façon légale = c’est une légalisation de la maltraitance… etn nous autres patients, on ne pourra plus attaquer un médecin en justice pour faute, erreur, maltraitance, homicide… donc en plus, on ne pourra même pas se défendre, ni obtenir réparation des préjudices avec la loi Claeys-Léonetti.

  2. dr degouge jean pierre

    Je suis médecin de famille,diplomé en soins palliatifs et j’exerce en équipe mobile de soins palliatifs une fois par semaine
    Soulager, mais pas tuer :pallier mais pas euthanasier .
    j’ai connu des fins de vies douloureuses,mais aussi très belles,
    accompagnées par la famille et les soignants
    respectant chaque personne dans sa dignité et préparant à la mort,ce qui attend chacun de nous.
    C’est un nouveau combat pour nous médecins contre la sédation profonde « euthanasie masquée »,la mort endormie avec ses deuils difficiles.
    C’est aussi par notre exemple auprès du patient en fin de vie que nous combattrons contre cette idée de sédation profonde ,très diffèrente de la sédation visant à soulager les symptômes difficiles et qui nécessite un savoir faire et un savoir être!

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