LE FIGARO : Sondage fin de vie: les Français plébiscitent les soins palliatifs

20 Déc, 2014Presse / Medias

Selon un sondage Ifop pour le collectif «Soulager mais pas tuer», 94% des personnes interrogées y sont favorables.

Sondage après sondage, une écrasante majorité des Français se déclarent pour l’euthanasie. Mais ils plébiscitent également à 94 % le recours aux soins palliatifs, selon l’enquête inédite de l’Ifop réalisée du 5 au 8 décembre auprès d’un échantillon de 1003 personnes pour le collectif «Soulager mais pas tuer», opposé à un changement législatif.
Un paradoxe alors que l’euthanasie et les soins palliatifs ont souvent été opposés? L’enquête menée par l’Ifop permet de comprendre les angoisses qui percent derrrière ces pourcentages spectaculaires: 37 % des sondés ont peur de faire l’objet d’un acharnement thérapeutique (pourtant proscrit par la loi de 2005 sur la fin de vie) et 33 % redoutent de subir des douleurs. Également interrogés sur leurs deux priorités pour leur propre fin de vie, les Français réitèrent ce refus de l’acharnement thérapeutique (55 %) et de la douleur (50 %). «Ces deux priorités expliquent le plébiscite de l’euthanasie comme celui des soins palliatifs dans les sondages. Les Français expriment avant tout une angoisse de voir leur vie prolongée inutilement dans la souffrance», analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique de l’Ifop.
«Le débat est truqué, estime Tugdual Derville, l’un des responsables de «Soulager mais pas tuer» et délégué général d’Alliance Vita. Dès lors que l’on propose aux Français un choix binaire entre souffrir et mourir, l’opinion penche en faveur de l’euthanasie. Dans l’espace public, il est malheureusement plus facile d’évoquer une solution radicale et performante qu’un processus de solidarité exigeant. Choisir l’aide à vivre plutôt que l’aide à mourir, c’est un vrai choix de société.»
«Mieux soulager la douleur»

43 % des sondés ont également déclaré qu’ils souhaiteraient être accompagnés, sur le plan psychologique, spirituel ou social. Enfin, 34 % d’entre eux ont gardé l’euthanasie en tête de leurs priorités. «Un pourcentage inférieur à ce que l’on voit habituellement dans les sondages. Malheureusement, “euthanasie” est devenu un mot-valise. Chacun y met ce qu’il veut: arrêt d’un traitement, sédation, injection létale… À ce grand flou s’ajoute une méconnaissance du fonctionnement des soins palliatifs. Dans ces unités, les demandes d’euthanasie disparaissent dès lors que l’on prend soin des patients et que l’on soulage leur douleur. Il faut désormais que cette culture irrigue toute la médecine», interpelle le Pr Olivier Jonquet, chef du service de réanimation médicale du CHU de Montpellier et porte-parole du mouvement «Soulager mais pas tuer».
Malgré le développement des soins palliatifs au cours de ces dernières années, seules 20 % des personnes qui devraient en bénéficier y ont accès, relevait d’ailleurs le CCNE (Comité consultatif national d’éthique) dans son rapport d’octobre dernier. À la réception de la proposition de loi de Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) sur la fin de vie, le chef de l’État a annoncé un «plan triennal» pour le développement des soins palliatifs notamment au domicile et dans les maisons de retraite, et la mise en place d’un «enseignement spécifique» aux professions médicales dès la rentrée prochaine. «C’est une réponse très concrète aux inquiétudes des Français et un vrai enjeu de politique publique de santé. La formation de tous les professionnels de santé à la médecine palliative est l’élément fondamental pour permettre de mieux soulager la douleur», commente Vincent Morel, président de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs. Si les autres pistes des deux députés pour retoucher la loi sur la fin de vie – l’instauration d’un droit à une sédation profonde en fin de vie et les directives anticipées contraignantes – se veulent également consensuelles, elles ont néanmoins suscité des inquiétudes dans le mouvement «Soulager mais pas tuer» et de la déception du côté des partisans de l’euthanasie.

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1 Commentaire

  1. dubrez

    Moi même praticien, je suis effaré de lire que trop nombreux sont les citoyens qui, lorsqu’on évoque leur future prise en charge médicale pour une maladie grave, potentiellement léthale, estiment qu’ils seront l’objet d’un acharnement thérapeutique et de traitements antalgiques insuffisants voire inexistants, à les entendre ! Il s’agit là d’une véritable manipulation par médias car la réalité est diamétralement différente. Les plans cancers notamment, les consultations d’annonce, les plans thérapeutiques remis aux patients sont d’application maintenant quotidienne et ce depuis Paris jusqu’au fins fonds de la République, car nous avons – encore – un maillage efficace pour prendre en charge les patients. Les médecins ne sont pas formés pour s’acharner !!! A lire les médias et entendre de nombreuses émissions, ils semblerait que dans toute prise en charge, nous intensifions les chimios, nous poussons les malades à bout, nous ne sommes pas à l’écoute de leur tolérance face à nos traitements ! C’est scandaleux de laisser de telles informations filer partout. Les patients pris en charge pour les maladies sévères, néoplasiques, dégénératives, sont en grande majorité très satisfaits des soins et des contacts nombreux qu’ils ont régulièrement avec leurs interlocuteurs médicaux et paramédicaux. Ils peuvent en témoigner et par le biais de la Ligue notamment contre le cancer et pour la vie, ce genre de témoignages sont accessibles et fréquents. Quant à la douleur, que ceux qui n’ont pas mal et qui sont ds leurs fauteuils journalistiques ou politiques se taisent et cessent de colporter des mensonges. Les consommations de morphine pharmaceutique ont été multipliées par dix, cent, mille par rapport à ce qui se consommait il y a 25 ans ! Les voies de prescription sont multiples, les produits ont des formes galéniques diverses et les centres anti douleurs sont nombreux. Quand les médecins sont mis en échec, d’eux mêmes, ils s’orientent vers ces centres et sont heureux que des confrères se soient formés spécifiquement pour analyser les causes de certaines douleurs et le profil particulier de certains patients. C’est une véritable spécialisation et elle est accessible !
    Si donc nous savons ne pas nous acharner et si nous savons utiliser les différents moyens antalgiques, pourquoi sans cesse faire croire aux gens qui vont bien que, lorsqu’ils seront démunis et âgés nous n’aurons pas notre conscience professionnelle pour bien faire ce que nous avons appris à faire et ce que nous apprenons régulièrement au cours des enseignements post universitaires, des congrès de sociétés savantes, des réunions de formation ! Ce serait faire croire à la population que tous les plans cancer et toutes les actions d’amélioration des soins dans les vingt dernières années n’ont servi à rien et que tout le corps médical est fait d’incompétents méchants et incapables de progresser !??? Bien sûr, si c’est ainsi, toute la population ne va souhaiter qu’une chose, c’est qu’on achève les démunis et les souffrants ! Mais si on diffuse largement ds les médias et à la télévision tous les progrès qui ont été faits grâce aux plans cancer, aux améliorations de la pharmacopée, aux améliorations des techniques et des produits anti cancéreux, alors les patients constateront que les soins palliatifs sont effectivement la bonne solution (ils doivent qd même le sentir puisqu’ils plébiscitent cette solution). Il vaut mieux diffuser cela plutôt que diffuser une information mensongère et faire peur à toute la population. Alors non seulement elle va voir instaurée la technique radicale de l’élimination des faibles et des démunis mais en plus elle va voir grandir en elle une réalité encore plus grave : la perte de confiance avec le corps médical !! Puisse ce jour ne jamais advenir ; c’est pour cela qu’il faut tout faire pour écarter ce terrible spectre de notre – encore – beau pays. Puissions nous être des millions à souhaiter un système de santé d’accompagnement pour les faibles et les démunis en fins de vie plutôt que des millions à se méprendre totalement et à prévoir la précipitation de la fin de vie, la liquidation ! Dr Jean Dubrez

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