« Je parraine le mouvement ‘’Soulager mais pas tuer’’ car je me sens personnellement concerné et inquiet pour les fragiles et notre société. J’aurai beaucoup aimé être parmi vous mais je récupère d’une longue année d’hospitalisation. Être ensemble sur cette question est pourtant essentiel, de même qu’il est important sur les questions de fin de vie de se pencher sur les personnes concernées et d’être en relation avec elles, plutôt que de penser résoudre la question par un « droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès », adossée à une loi anonyme. La pratique de la sédation en fin de vie doit rester exceptionnelle, en ultime recours, car cette sédation annihile toute liberté et interdit toute relation du patient avec les siens ou le personnel médical. Or la relation est le meilleur médicament à l’angoisse de la mort. En paralysant le patient on lui enlève toute chance de s’exprimer et d’être aidé. La loi Leonetti de 2005 avait l’intelligence de maintenir un équilibre subtil entre les soins et le lâcher prise. Par contre, en pensant tout résoudre par un médicament qui « garantirait la mort sous anesthésie», ce nouveau projet de loi décourage la recherche des solutions créatives les plus appropriées au malade et à sa situation. Beaucoup de personnes revendiquent la liberté de choisir leur mort et argumentent que leur choix est personnel ; elles n’envisagent même pas les conséquences que cette décision peut avoir pour d’autres fragiles encore plus seuls et souffrants. Cette liberté revendiquée par ceux qui disent vouloir être euthanasiés à de lourdes répercussions sur ma liberté et sur celle des plus fragiles et des plus faibles. Si la société dit à celui qui souffre, comme moi, qu’il a le droit d’être euthanasié, c’est comme si elle le disait à moi-même, comme si elle me criait à la figure que notre vie ne vaut plus d’être vécue. On croit respecter un droit, une liberté, on bafoue ma vie, notre vie, à nous autres les très différents et vulnérables. Ne touchez donc pas aux intouchables, et vous verrez qu’en vous penchant sur eux, en étant en relation avec eux, en les considérant, vous vous réconcilierez avec votre finitude, vous vous sentirez mieux et notre société y trouvera sa dignité. »

 

 

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Le collectif de défense contre les dérives euthanasiques.

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